Frise chronologique
XIIIe–XIVe siècles
Construction initiale
Construction initiale
XIIIe–XIVe siècles (≈ 1450)
Intégration aux remparts de Boussagues
1538
Première mention écrite
Première mention écrite
1538 (≈ 1538)
Attestation documentaire de la maison
XVIe siècle
Transformations majeures
Transformations majeures
XVIe siècle (≈ 1650)
Fenêtres à meneaux, face sud reconstruite
1860
Rachat par J.H. de Sénégra
Rachat par J.H. de Sénégra
1860 (≈ 1860)
Restauration intérieure post-Révolution
1893
Héritage à Toulouse-Lautrec
Héritage à Toulouse-Lautrec
1893 (≈ 1893)
Légué par Armandine de Sénégra
5 septembre 2018
Classement monument historique
Classement monument historique
5 septembre 2018 (≈ 2018)
Inscription officielle des façades et toitures
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures et la tour en totalité de la « maison du Bailli » ou « manoir de Toulouse-Lautrec » à Boussagues, selon le plan annexé à l’arrêté, située sur la parcelle AY n° 116 : inscription par arrêté du 5 septembre 2018.
Personnages clés
| Famille D'Alichoux de Sénégra - Seigneurs et coseigneurs |
Propriétaires pendant deux siècles |
| J.H. de Sénégra - Restaurateur au XIXe siècle |
Rachat et rénovation en 1860 |
| Armandine de Sénégra - Héritière et mécène |
Installa une école religieuse |
| Henri de Toulouse-Lautrec - Héritier symbolique |
Légataire en 1893, jamais venu |
| Famille Duch et Pierson - Restaurateurs modernes |
Sauvegarde années 1960–1980 |
Origine et histoire
La maison du Bailli, aussi appelée « manoir Toulouse-Lautrec », est une bâtisse médiévale située dans le village fortifié de Boussagues, sur la commune de La Tour-sur-Orb (Hérault). Intégrée aux remparts nord du village, sa construction remonte en partie aux XIIIe–XIVe siècles, avec des transformations majeures aux XVe, XVIe et XVIIe siècles. Elle servait de logement au bailli, représentant des seigneurs locaux, notamment la puissante famille des D'Alichoux de Sénégra, coseigneurs de Boussagues pendant deux siècles. La maison combine des éléments défensifs (tour d’escalier à vis, pigeonnier médiéval) et des aménagements résidentiels (fenêtres à meneaux, toiture en lauzes locales).
La première mention écrite de la maison date de 1538, bien que les baillis de Boussagues soient cités dès le XIIIe siècle. Devenue bien national à la Révolution, elle est rachetée vers 1860 par J.H. de Sénégra, qui la rénove. Son héritière, Armandine de Sénégra, y installe une communauté religieuse pour éduquer les jeunes filles du village. À sa mort en 1893, le manoir échoit à son petit-neveu, Henri de Toulouse-Lautrec, qui ne s’y rend jamais. Abandonnée au XXe siècle, elle est restaurée entre 1960 et 1980 par les familles Duch et Pierson, actuelles propriétaires.
Le manoir illustre l’évolution architecturale d’une demeure seigneuriale médiévale, marquée par des ajouts Renaissance (fenêtres croisées) et des réaménagements modernes (confort des années 1960–1980). Son pigeonnier du XVIIe siècle, avec 172 alvéoles, témoigne de son statut symbolique. Classée monument historique en 2018, la maison conserve aussi une légende locale : l’apparition du « spectre » de Toulouse-Lautrec à une religieuse vers 1914, plus de dix ans après sa mort.
Architecturalement, la maison se distingue par sa tour d’escalier en monolithes (XVe siècle), ses façades remaniées (XVIe siècle pour la face sud, XIVe pour l’extension est), et son pont sans issue, vestige d’un accès à une maison disparue au XIXe siècle. Le toit en lauzes, typique de la région, et les boulins du pigeonnier rappellent son ancrage dans le patrimoine rural occitan. La porte murée sur la face est menait autrefois à un bâtiment communal, aujourd’hui détruit.
Le lien avec Henri de Toulouse-Lautrec, bien que ténu (il n’y a jamais vécu), ajoute une dimension culturelle au site. La maison, après des décennies d’abandon, doit sa sauvegarde à la restauration des années 1960–1980, qui a préservé ses caractéristiques historiques tout en l’adaptant à un usage contemporain. Son inscription aux monuments historiques en 2018 reconnaît sa valeur patrimoniale, à la fois militaire (remparts), seigneuriale (logis du bailli) et artistique (héritage Lautrec).